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Le Carnet des plantes 9 €

Se soigner sans ordonnance pendant les canicules : ce qui marche vraiment

MD·293 Médecine douce · Mis à jour le 31 octobre 2026

L’été dernier, j’ai passé trois semaines à Toulouse avec 41 °C en journée et un pharmacien de quartier en congés. Pas de généraliste disponible avant dix jours. J’ai improvisé avec ce que j’avais dans le tiroir de la salle de bain, et j’ai appris deux ou trois choses sur ce qu’on peut réellement faire soi-même, sans ordonnance, quand la chaleur tape.

Ce genre de situation me pousse à lire les infos autrement. Depuis, je suis de près les analyses météo et climatiques qu’on trouve sur carnivalofclimatechange.com, parce que savoir qu’une vague de chaleur arrive cinq jours avant, ça change la façon dont on prépare sa trousse de comptoir. Ce n’est pas de l’anxiété climatique, c’est de la logistique. Les canicules se répètent, les pharmacies ferment, et le corps humain n’a pas évolué pour supporter 40 °C à l’ombre.

Ce qui se vend librement et ce qui ne sert à rien

Le rayon sans ordonnance des parapharmacies ressemble parfois à un bazar. On y trouve du sérum physiologique à 1,80 € les vingt dosettes, des comprimés de magnésium à 6 €, des sachets de réhydratation orale à 5 € la boîte de dix. Efficaces, ceux-là, quand on transpire beaucoup. À côté, des sprays « anti-chaleur » à 12 € dont la composition tient surtout de l’eau florale.

Médecine douceSe soigner sans ordonnance à l’heure du climat : ce qui marche, ce qui coûte cher, ce qu’on peut vérifier

Je suis assez tranché : la moitié des produits dits naturels vendus l’été sont des cosmétiques déguisés en remèdes.

Les plantes médicinales, elles, demandent un peu plus d’attention. La camomille en infusion, la menthe poivrée, le tilleul : pas de miracle, mais un vrai effet apaisant sur les maux de ventre liés à la déshydratation légère. La réglisse, en revanche, est à éviter chez les hypertendus — je l’ai appris en lisant la notice d’un stick à 3 €, pas en cours de pharmacologie. Voilà pourquoi le prix n’est pas le seul critère.

Le niveau de délivrance, cette zone grise

Trois catégories coexistent en officine : les produits libres (paracétamol 1000 mg, sérum physiologique, crèmes solaires), les médicaments à prescription facultative — le pharmacien peut les délivrer sans ordonnance mais doit poser des questions — et les médicaments à prescription obligatoire. Une bonne partie des antalgiques de palier 2 et des corticoïdes locaux sont dans la deuxième catégorie.

Ce qui veut dire qu’on peut sortir d’une pharmacie avec de la codéine sans consulter de médecin, si le pharmacien juge la situation. Peu de gens le savent. Beaucoup moins de gens le demandent.

Médecine douceSe soigner en autonomie : ce que l’automédication raisonnée change dans nos vies

Pour les remèdes naturels, la règle est plus floue. Une plante vendue en gélules peut relever du complément alimentaire, avec une simple déclaration, sans contrôle d’efficacité. Un flacon d’échinacée à 14 € n’a pas plus de preuves qu’un sirop de thym à 4 €. Les deux sont en vente libre. Côté plantes, voir la camomille pendant la grossesse pour les précautions à connaître.

Ma petite règle personnelle pour l’été

Après trois canicules et quelques erreurs, je me suis fixé une liste courte. Sachets de réhydratation, paracétamol, sérum physiologique, crème à l’oxyde de zinc pour les fesses des enfants. Le tout pour environ 25 € et zéro ordonnance. Le reste attend.

  • Boire avant d’avoir soif, ce qui veut dire 2 à 3 litres par jour quand on travaille dehors.
  • Garder les médicaments à moins de 25 °C ; au-delà, le paracétamol se dégrade et perd de son effet.
  • Demander au pharmacien s’il peut délivrer sans ordonnance avant de présenter celle d’un an.
  • Ne pas confondre tisane rafraîchissante et traitement d’une déshydratation sévère — là, il faut un médecin.

Il y a une chose que j’ai comprise pendant cette semaine à 41 °C : l’autonomie en santé ne veut pas dire se soigner seul. Elle veut dire savoir ce qu’on peut gérer et identifier le moment où il faut appeler. Les voyants rouges — confusion, arrêt de la transpiration, vomissements répétés — ne se traitent pas avec de la menthe poivrée.

Les canicules ne vont pas s’arrêter. Autant apprendre à composer avec ce qu’on a sous la main.

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Une plante, un produit, une question de comptoir — une fois par mois, sans remplissage. On y met ce qu'on n'a pas eu le temps d'écrire en entier : une comparaison de prix, une précaution oubliée, une plante qui déçoit.

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