Il y a trois ans, j’ai passé une nuit blanche dans les Cévennes, à me gratter les chevilles et à maudire le tube de gel antihistaminique que j’avais laissé dans la boîte à gants. Depuis, je prépare ma trousse avant de partir. Pas un sac d’infirmerie de guerre : quelques produits de comptoir bien choisis, achetés sans ordonnance, et qui règlent l’essentiel des bobos de plein air. Une chose qu’on oublie souvent : le lieu où l’on campe change la donne. Si vous préparez une sortie dans l’arrière-pays, un détour par les fiches pratiques d’un guide comme Camping Auzon aide à repérer les coins ombragés, l’altitude et les commodités du terrain, ce qui détermine en partie le contenu de votre trousse.
En basse altitude, l’ennemi numéro un s’appelle la tique. En moyenne montagne, c’est plutôt la brûlure de soleil et l’ampoule. Même tube, même pommade, deux usages différents.
Les indispensables sans ordonnance
Trois catégories suffisent pour couvrir la majorité des situations. D’abord l’antisepsie : chlorhexidine en solution aqueuse, environ 4 à 6 € le flacon de 125 ml, ou povidone iodée si vous n’êtes pas allergique. Ensuite les pansements : compresses stériles, bande élastique, et surtout des pansements hydrocolloïdes pour les ampoules, comptez 6 à 8 € la boîte. Enfin les douleurs et la fièvre : paracétamol 1000 mg, libre d’accès en pharmacie et en grande surface, autour de 2 € la boîte de 8. L’ibuprofène est aussi en vente libre mais je le déconseille en rando prolongée, à cause du risque rénal quand on est déshydraté et qu’on enchaîne les kilomètres.
Médecine douceBursite au talon : comment la soulager et prévenir sa réapparition ?Côté digestif, le charbon activé et le Smecta restent des classiques de comptoir. Le sérum de réhydratation orale, vendu en sachets, sauve une journée après une gastro ou une insolation. Prix moyen : 5 € les six sachets.
Plantes et remèdes naturels : mon tri personnel
Je ne suis pas un adepte du tout-végétal, mais certains produits à base de plantes tiennent leurs promesses. L’arnica en granules ou en gel, pour les hématomes et les coups, ça marche correctement. L’huile essentielle de lavande aspic sur une piqûre, ça calme la démangeaison pendant une heure ou deux, pas plus. En revanche, l’échinacea en prévention du rhume, j’ai testé deux hivers de suite, sans voir de différence.
Autre point : les produits « naturels » ne sont pas tous anodins. L’huile essentielle d’origan, par exemple, s’utilise diluée et sur quelques jours seulement. En camping, on a tendance à en mettre partout et n’importe comment.
Le niveau de délivrance, la vraie question
Beaucoup de gens confondent « sans ordonnance » et « en libre-service ». Ce n’est pas la même chose. Le paracétamol et l’ibuprofène sont accessibles en rayon, mais les antalgiques de palier 2 (codéine) sont désormais sur ordonnance depuis 2017. Les crèmes à la cortisone dosées à 0,5 % demandent une prescription ; en dessous, certaines formules sont en vente libre mais avec un conseil obligatoire du pharmacien.
En pratique, ce qui change pour le campeur, c’est le temps passé derrière le comptoir. Un pharmacien vous posera trois questions, vous orientera vers la version la moins chère, et vous évitera parfois d’acheter un produit inutile. J’ai vu des pharmacies de village refuser de vendre une crème antibiotique sans ordonnance à un randonneur pressé. Elles avaient raison.
Ce qui ne sert à rien dans la trousse
La liste est longue. Les sprays répulsifs à base de DEET à 50 % sont efficaces mais attaquent le plastique et les vêtements techniques ; en dessous de 20 %, l’efficacité chute vite. Les comprimés d’homéopathie contre le mal des montagnes, c’est du sucre. Les bandelettes « anti-moustiques » vendues en magasin de sport sont une dépense de 8 € pour un effet quasi nul.
Médecine douceComment réaliser un test d’acidité gastrique chez soi ?Un produit que je garde toujours : le gel hydroalcoolique. Pas pour le Covid, pour les mains sales après avoir monté la tente. 3 € la petite bouteille.
Où ranger tout ça
Une pochette transparente en plastique souple, format A5, avec des fermetures zip. Cela coûte moins de 5 €, cela prend peu de place dans un sac à dos, et cela évite que la povidone iodée coule sur les pansements après trois jours de route.
Dernier conseil : vérifiez les dates de péremption avant chaque départ. J’ai découvert l’an dernier que mon tube de crème solaire indice 50 avait deux ans de trop, gardé dans une voiture chaude tout l’été. Il ne protégeait plus grand-chose.




